16 mai 2007
Attente
Quand le corps si lourd, et l’âme ébranlée,
Le cœur écrasé par des complaintes lointaines,
La bouche audacieuse à l’allure sereine,
J’avance et me glisse au coin de la cheminée,
La gorge dévoilée à ces braises empourprées,
Qui me laissent rêveuse sous le feu d’un désir,
Qui me laissent songeuse sous le joug du plaisir,
La poitrine exhibée à ces pupilles orangées,
Surgissant, rugissant, des tréfonds de ma lie,
L’écume de l’attrait, convoitise à l’affut,
S’invite écartelée sur mon visage nu,
Surgissant, rugissant, de mes lèvres rougies,
Vagues bouillonnantes de mille et une rages,
S’unissent pour me guider par-delà les âges.
08 avril 2007
Projections
Se suspendre à ton regard comme une bête ferue,
Y sentir mes rêves et peut-être un détour,
Figer l’existence au travers un amour,
Projections futiles vers une saison perdue,
Qui me ramènera sur la lie du désir,
Quand le soir tremble pour que la nuit s’imagine,
Et m’éclaire sur des pas indistincts, décline,
S’envisage étranger, eternel élixir,
Quand l’amour ne veut plus vendre ses artifices,
Qu’il reprend ce qu’il a sournoisement exhibé,
Quand la vie s’enracine dans des songes vidés,
Alors l’innocence s’improvise créatrice,
Et déferle abîmée, sous le pouvoir exalté,
D’une ferveur nouvelle, d’un amour estropié.
02 avril 2007
Crépuscule paparazzi
Les photos transies des téléphones numériques,
Illustrent une image, illusoire étincelle,
Auxquelles les strates du temps, rebelles,
S'accrocheront perdues, au présent onirique,
A la nuit glissante, les amis se dévoilent,
Paparazzis couleur dans la tendresse bleutée,
De ce soir ignorant où les rires inondés,
Eclatent insouciant, protégés des étoiles,
Encadrure irréelle de porte et de ciel,
Les pupilles s'égarent, virevoltent un instant,
Quand nos corps reposés s'offrent en riant,
A l'heure où les mots se découvrent et s'emmêlent,
Quand nos corps désabusés s'abreuvent de vin,
Dans la naïveté d'un crépuscule lutin.
01 avril 2007
Toublances
Lâcher un regard à travers la destinée,
Laisser vagabonder mes pupilles bleuies,
Sans me douter un seul instant que mes envies,
Errances confuses de mes aurores surannées,
M’évinceront sur la glèbe de mes pensées,
Alors, les murmures s’évertuent, féeriques,
Stridulation du corps, diapason onirique,
A me troubler d’aspirations écartelées,
De désir temporaire en mouvances amantes,
D’escalades grandioses en troublants édifices,
Je m’immerge dans l’infamie de lents supplices,
Je me couds les paupières à ne pas être amante,
Je me submerge d’insolents roses caprices,
Et trépasse à la lueur d’un sexe artifice.
31 mars 2007
Langueur amoureuse II
L'allure coloriée, tu gravis le printemps,
Vers le rêve orangé de mon âme éclairée,
Enrayé de désir, esquivant un baiser,
Tu écrases un sourire de ton air inconstant,
Et l'aube se délie, tristement égarée,
La moiteur de ton lit contre mon corps humide,
Quand ton sexe affolé, l'apparence intimide,
Glisse avec volupté sur ma jupe retroussée,
Et ma peau humectée, se repaît d'insouciance,
A cette source rosée, écarlate, épuisée,
Dans la pâle esquisse d'une lune exaltée,
Au bord du précipice, agrippé d'innocence,
Tu tenailles mon sang, tes yeux nus éberlués,
Envahissant le temps d'une poudrière ailée.
Balade d'automne
Un matin d'automne, j'allais dans les chemins,
Silence m'accompagnant, ainsi que chien,
Avide d'air et d'espace, je reniflais,
Odeurs et parfums, qui de la terre montaient,
Sur le chemin, feuilles de l'été oublié,
Craquiez comme des os morts, sous mes pieds,
Tu venais, soleil jaune, au travers d'une haie,
Transformant ta lumière crue en blanche raie,
Provoquer ironiquement l'iris sombre,
De mes yeux, lorsque je surgissais de l'ombre,
Au bas de moi, chien haletant, ses pattes folles,
Tendues, poursuivaient leur course, battaient le sol,
Et vous, sentant l'hiver, branches aux ronces mêlées,
Tentiez de survivre dans l'infinie beauté.
