29 juin 2007
Existence
Un dimanche soir aux sonorités acerbes,
Scandaleusement emmitouflée de rosée
Traquant le mal comme un désir vampirisé,
En 1939, quand l'été claque sa gerbe,
Substances irradiées, jetés à la poussière,
De demis transfuges, évanescent de râles,
Des libertés perdues jusqu’à l’aurore pâle,
Aux regrets importuns d’un ciel mortifère,
Fouillant dans les regards vitrifiés et perdus,
Poupée rose caillou, somnolente et perfide,
De tendresse infinie à la seringue humide,
Filant comme un venin grisâtre répandu,
Tes visions solitaires, possibles pénitences,
Ne se cherchent plus sur les banquises vestiges,
Reviennent comme un voleur de lettres, et fustigent,
Comme un petit braqueur de soleil mort, l’errance,
Sur l'autel de tes rêves matraqués et obscurs,
Dans ta chambre aux reflets surannés de tendresse,
Reviennent débusquer leur sombre maladresse,
Et sucer du désir jusqu'à l'oubli de ses murs.
06 avril 2007
Matin
Etincelant soleil au nord,
Extravagance dans la lie,
Affublée de souvenirs rotors,
Ecartelée par mes envies,
Le soleil pendu à l’aurore,
Eclaire mes pas indistincts,
Et vient luire d’un éclat d’or,
Par-dessus l’écume du viens,
Quand au matin, j’aime marcher,
L’éclipse accrochée à mon œil,
Un froid sourire contorsionné,
Sur l’abîme de mes écueils,
Capricieux désirs éventrés,
Sur le reflet d’une mer pâle,
Quand l’étoile vient se percher,
Dans mes habiles martingales
,
L’éblouissant pénètre la mer,
Irriguée d’irréalité,
Dans la fragrance de mes serres,
Où je m’étiole enracinée,
Sous l’acharnement effrayant,
Des mes désirs imaginés,
Quand tu inventes les sentiments,
Au détour d’une fleur écoeurée,
D’étamines étalées, roses,
Sombrant aux tréfonds de nos draps,
D’étamines étalées, roses,
Surgissant de nos aléas.
Un autre matin
Alors, s’invite l’écriture,
Amante venant te faire cracher,
De bouillonnantes éclaboussures,
Des mots sacrés, des mots celés,
Un bel éclat de solitude,
Sur le revers du papier,
Mélancolique et désaimée,
Quand le soleil vient luire au Sud,
De dérisoires nostalgies,
D’imaginaires imaginées,
En aurores escarpées,
Se lient au sable de l’oubli,
Transpercent l’aube démesurée,
D’un aérien mélancolique,
Et bercent de songes antiques,
Les sculptures de tes pensées,
Ton œil lointain s'est inventé,
La main futile devient offrande,
Et gorge de ces sarabandes,
Des mots bleutés sur le cahier.
05 avril 2007
Laisser filer le sable
Laisser filer le sable,
Ondoyer sous le vent,
Replier son carcan,
Imaginer les fables,
Qui parfois se défont,
Déployant leurs voilures,
Eclatant de zébrures,
Laisser filer ton nom,
Au gré de mon étoile,
Ecouter les murmures,
Et fouiller les fissures,
Quand les regards se voilent,
A regarder par terre,
A trop raser le sol,
Les complaintes s’étiolent,
Au gré de mes prières.
02 avril 2007
Ode à Hubert Félix Thiéfaine
Nous ne nous rencontrerons sûrement pas,
Car je serai noyée derrière cette foule torpillée,
De tes sonorités verbales, étranges et colorées,
L'âme encore retournée, à l'image d'un sabbat,
Je serai, celle, loin de ce cortège catalysé,
Quand la fièvre tendancieuse et apocalyptique,
Surprendra, dans une transe surnaturelle et cyclique,
Des milliers d'innocents asservis à ton épopée,
Je serai celle, inconnue et magicienne,
Qui lorsque les mots claquent et se décomposent,
Dans l' éternité des murmures d'une rose,
A l'étiolement de ma nuit, au début de la tienne,
Je serai celle qui, blindée d'un coeur d'artifice,
Cherchera, au delà des corps, tes yeux d'insomnie,
Bien après l’hier, quand disparaît l'aujourd'hui,
Alors que la lune se découvre belle et factice,
Je serai celle qui fouillera ton oeil illuminé,
Par delà ces nuées de moiteurs indolentes,
Apoplexiée de ces exhalaisons éclatantes,
Je serai celle qui te regardera me deviner.
Et quand ton dernier mot s'élèvera vers l'infini,
Quand l'ultime regard sera jeté à la foule dévolue,
Lorsque ton visage irradié de rosée incongrue,
S'évanouira derrière des steppes de pupilles élargies,
Je fermerai mes paupières indociles,
Ébahie par cet arrêt fugace du temps,
Que tu auras su retenir un instant,
Et qui n'existe que parce-que la beauté est fragile.
01 avril 2007
Désamourés
Une balançoire ailée,
Vers ton coeur enfermé,
Qui relierait nos âmes,
Une échelle infinie,
S'envolant vers ton lit,
Achevait une trame,
Une bouche exaltée,
Sur mon corps dénudé,
Et des yeux qui s'enfuient,
Une épaule embrassée,
Aux regards détournés,
Pour chercher une amie,
Les âmes à l'intérieur,
Pour ne pas être soeurs,
Et chacun vers son ciel,
Tendrement illusoires,
Les deux corps sur le soir,
Devenaient fraternels.
31 mars 2007
P'tite fleur
T'étais qu'une petite fleur,
Qui ne demandait qu'à aimer,
Se faire fleurir et butiner,
T'étais petite, t'avais pas peur,
ça te plaisait bien les abeilles,
T'étais qu'une coquine émue,
Fallait pas jouer les ingénues,
Avec ce gros bourdon vermeil,
T'as les étamines en folie,
Et les pétales qui s'énervent,
T'es grosse et t'as d'la verve,
T'auras bientôt des fleurs jolies,
Quand ton bouton éclatera,
Sous les douleurs, crampes femelles,
Mais tes p'tites fleurs seront si belles,
Que ton bourdon se pâmera,
Devants les p'tis bourgeons aimés,
S'extasiera sous leurs pétales,
Minuscules, belles et tribales,
Aura l'envie d'recommencer,
T'es qu'une fleur sentimentale,
Romanesque et tumultueuse,
Qui s'épanouit toute langoureuse,
Dans les bras d'un bourdon fatal.
