Au fil de l'Oésie . . . . . . . . . . . . . . . . . . textes de Bérangère Morel

Être poète, c’est arrêter le temps, c’est saisir cet instant invisible et le décupler à l’infini sur le papier, ou ailleurs, ou autrement… Être poète, c’est aller en avant en conscientisant tes racines et le temps. Ressentir… Plier…

29 avril 2008


Mes sourires se lissent

 

Et deviennent esquisses,

 

S’agrippent à tes fragrances,

 

Pour transformer ton sourire,

 

En un chatoyant désir,


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28 avril 2008

Un regret…


Un regret…
Au bord de tes souvenirs,
Qui viendrait,
Comme une vague infinie
Réveiller,
Un songe en péril,

Une larme,
Au fond de tes précipices,
Qui viendrait,
Comme une lame acérée,
Caresser,
Tes chimères indociles,

Des remords,
Au cœur de tes ouragans,
Qui viendrait,
Comme un flux éternel,
Effrayer,
Tes espoirs futiles.


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Bruissements


Des bruits de corps qui se taisent,
Quand les soirs frivoles,
S’étiolent,
Et rattrapent des matins,
A peine esquissés,

Des nuits brunes qui s’esquivent,
Quand les murmures futiles,
Fragiles,
S’ébranlent sur des aubes,
Abandonnées,

Des bruits de bouches qui rêvent,
Quand les ténèbres sensuelles,
S’éveillent,
Et découvrent des aurores,
Dépucelées,

Des crépuscules qui se meuvent,
Quand des souffles rebelles,
Éternels,
S’écrasent sur le temps,
Inanimés.


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17 septembre 2007

Retour

 

Il faudrait éventrer des saisons d’amertume,
Et songer que les couleurs sont ailleurs,
Ne pas oublier que la tendresse est fragile,
Et que la beauté suit son sentier,

Il faudrait se perdre dans une gare à l’infini,
Et laisser son âme courir dans son corps,
Ne pas fustiger le reflet du dernier miroir,
Et faire inexister les faux semblants,

Il faudrait désincarner le chagrin de l’existence,
Et laisser ses doigts s’aventurer au loin,
Ne pas se laisser empoigner par le piège,
Et conscientiser que la vie, c’est le temps,

Il faudrait hurler à la déraison peut-être,
Et s’endormir le long d’un trottoir éventré,
Ne pas se salir d’un regard condescendant,
Et dévisager enfin les chimères de l'autre.

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15 mai 2007

Elle II

Elle me relie à toi,
Elle est ce qu’il me reste,
A l’écouter susurrer,
A l’entendre se démener,

Telle une reine imaginaire,
Irréelle et visionnaire,

Elle est ce fil invisible,
Ce morceau de toi,
Cette crevasse du temps,

A chevaucher tes contrées,
A espérer y déceler,
De tendres sentiments,
Des sons distordus,

Elle porte en elle,
La colère de l’existence,
L
a ferveur de l’oubli,

Telle une reine fantastique,
Irréelle et chimérique,

Elle explose littéralement,
Elle crépite aveuglement,
Sur l’autel de la déraison,
Où en vain, je me repens.


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05 avril 2007

Ciel

Il faudrait revêtir le ciel,
Le draper d’une nuit cinglante,
Et d’un jour bouillonnant,
Aux lueurs éternelles,

L’écume grandissante,
Des tornades, des nuages,
Le crachat de tes pleurs,
Vagabondent sur l’aube,

Il faudrait dévêtir la nuit,
La voiler d’un éclat de lune,
Et de bois d’acajou,
Aux reflets cramoisis,

Des embruns de colère,
Des éruptions impromptues,
Le crachat de ton âme,
Divaguent dans ton corps.


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04 avril 2007

Elle

Elle est tour à tour,
Désordonnée et tumultueuse,
Tueuse de tumultes,
Embryonnaire,
Lucide et poétique,

Celle qui fait rêver…

De corps cristallins,
En lumières d’étoile,

Celle qui dérange…

De murmures rauques,
En scintillements sculpturaux,

Illuminant toute entière,
Un fantasme,
Un songe oublié,
Peut-être simplement,
Ce que tu étais venue y chercher.



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03 avril 2007

Neige

Tu avais voulu cueillir la neige,
La recueillir entre tes doigts minces,
La faire tiédir contre ta peau claire,
Lui montrer le chemin de ton cœur,

Cette virginité de fractales,
De blancheurs infinitésimales,

Tu avais effleuré quelque songe,
Vendanger des cristaux translucides,
Tu avais voulu rêver la neige,
Comme elle ne pouvait pas exister,

Cette virginité cotonneuse,
De pâleurs innocentes, vaporeuses

Tu avais dissimulé tes larmes,
Au bout de ta route ondoyante,
Ramener tes paumes vers ta gorge,
Et peint sur ton cou des couleurs froides,

Cette virginité monastique,
De bleutés rêvés, mélancoliques,

Ton corps tendu s’était refroidi,
S’arcboutant de tendresse oubliée,
Des perles avaient glissé sur tes seins,
Les arrondissant de clairvoyance,

Cette virginité diabolique,
Aux milliers de reflets séraphiques,

Tu avais pu cueillir la neige,
La faire couler contre ta peau,
La retenir au creux de tes reins,
Telle une chose dérobée au temps.



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02 avril 2007

Sur une route désertique

Quand la musique embrase tes sens,
Contrebassant au sextant,
Sur un soleil de bois clair,

Et les corps s’attirent,
Et les cordes se tirent,

Quand les notes enlacent ton corps,
Guitarant au couchant,
D’une lune monochrome,

Et les corps se trémoussent,
Et les cordes s’émoussent,

Quand la musique usurpe tes sens,
Pianotant au levant,
Sur un astre bigarré,

Et les corps se lient,
Et les cordes se délient,

Quand les notes amarrent ton âme,
Violoncellant au brillant,
D’une terre ancestrale,

Et les corps s’attisent,
Et les cordes se tissent.


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Ange

Quand le ciel  se travestira,
De mille étoiles bigarrées,
Que tu contempleras l’aube,
Se délier aux premiers rayons,

Quand tu crèveras l’aurore,
Sur ton destrier fou,
Que tu t’assiéras doucement,
Comme on écoute le vent,

Quand  l’aube crèvera la nuit,
De mille rayons blafards,
Que tu lèveras ton visage,
Comme on arbore la mort,

Quand tu descendras la vie,
Sur ton chemin de déroute,
Que tu m’emporteras,
Comme on emporte l’amour.

Alors je vivrai…

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