30 mars 2007
La poésie
C’est quelque-chose de terriblement fort.
La poésie, c’est quand on sait que tout peut basculer…
Le corps se fait réceptacle de l’univers entier et reçoit un déferlement d’émotions qui sont possiblement tiennes.
La poésie, c’est une strate du temps si parfaitement suspendue, un moment, une émotion en équilibre parfait, que c’en est fondamentalement douloureux.
Le corps et l’esprit, si intimement liés s’organisent autrement le temps de quelques vers.
Réceptivité, émotivité, sensibilité…
Les mots te transpercent…
La tête, le ventre,
Éventrent un cœur qui t’appartient peut-être.
Existaient-ils avant toi, après toi ?
La poésie, c’est quand la conscience se poétise et que les mots glissent seuls, débarrassés de leurs faibles oripeaux, sur un vide si lisse que tu ne peux faire autrement que de l’envahir.
La poésie, tu ne la choisis pas, c’est elle qui te choisit.
Être Rimbaud à quinze ans, c’est douloureux et regrettable, être toi à trente, c’est encore plus difficile mais tu te déshabilles de ces regrets en continuant cette route qui t’apparait de plus en plus solitaire.
Se dévêtir en cheminant…
Se défalquer de tes haillons et progresser pas à pas vers la cognition, vers cette lucidité aux rêves mêlés qui t’apportent la sagesse…
Être poète, c’est être sage.
Être poète, c’est s’alanguir sur des choses que tu crois être seul à discerner, ce moment que tu distingues si douloureusement et que tu te dois de traduire.
Être poète, c’est arrêter le temps, c’est saisir cet instant invisible et le décupler à l’infini sur le papier, ou ailleurs, ou autrement…
Être poète, c’est aller en avant en conscientisant tes racines et le temps.
Ressentir…
Plier…
Se dresser…
Et resplendir la queue au vent.
Être poète, c’est ça aussi.

